Peindre avec du bois de campêche

Le campêche est un bois exotique. Il fait partie de ces essences végétales qui ont enrichi notre répertoire de couleurs après la découverte des Amériques.


C'est mon chouchou et vous allez comprendre pourquoi!


Les fibres de ce bois, avant même d'être mises en décoction, donnent une superbe encre rouge.

Mais elle est sensible à la moindre variation chimique et sert essentiellement à la teinture de tissus en noir et violet, ses teintes les plus solides et les plus stables.


Qu'à cela ne tienne... pour nous, cette joyeuse insaisissable est très ludique à employer en peinture, justement parce qu'elle réserve toutes sortes de surprises!

En séchant sur le papier, cette encre prend une teinte prune, puis selon les variations de Ph qui lui sont imposées avec du citron, vinaigre, savon, potasse, bicarbonate de soude, etc... sa couleur va varier du jaune vif au bleu en passant par le violet, orange...


Avec du sel d'alun, on en fait une belle encre violette relativement résistante à la lumière.

Et puisqu'en plus, elle contient beaucoup de tanins, elle peut servir à fabriquer un noir très solide avec du sulfate de fer ou de l'acétate de fer.


Une fois que l'on connait un peu son "profil chimico-artistique" on peut jouer avec :

Pour la création d'œuvres abstraites, on couvre généreusement le papier d'encre et, sur le papier encore humide, on saupoudre ou fait couler du savon, du citron, du sel d'alun, etc.



Ou bien on laisse sécher la feuille puis on trace directement sur ce fond des motifs avec un pinceau ou un calame trempé dans des solutions acides, basiques ou riches en fer :



Utilisez la rapidement, car même si elle se conserve longtemps sans moisir dans un bocal au réfrigérateur, sa belle teinte rouge vire au brun en seulement quelques jours. Cette encre est superbe, mais éphémère!

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